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 › ACTUALITÉ

Cancer du sein, vers une désescalade thérapeutique

Press Tv News - Acteurs de Santé Tv - vendredi 10 décembre 2021
par Gaël de Vaumas & Stéphanie Chevrel

Le professeur Jean-Marc Ferrero, oncologue au Centre Antoine Lacassagne à Nice, est l’un des investigateurs principaux de l’étude internationale RxPONDER, portant sur le test génomique Oncotype DX®, conduite par le groupe indépendant SWOG Cancer Research Network et soutenue par le National Cancer Institute (NCI). Une publication dans le New England Journal of Medicine (NEJM), le 1er décembre, confirme que des dizaines de milliers de femmes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce, avec envahissement ganglionnaire, peuvent éviter la chimiothérapie grâce au test Oncotype DX®. Les résultats ont déjà conduit à la mise à jour des recommandations du NCCN® (The National Comprehensive Cancer Network) pour le cancer du sein. De nouveaux résultats feront l’objet d’une présentation orale lors du congrès de San Antonio Breast Cancer (SABCS) qui se tient du 7 au 10 décembre au Texas (USA). 

Le Professeur Jean-Marc Ferrero commente les principaux enseignements de cette étude qui change la pratique des oncologues, permettant une réelle avancée en termes de désescalade thérapeutique dans le traitement de certains cancers du sein.

Le test Oncotype DX® permet de connaitre le risque de récidive de la maladie
« Les tests génomiques ont été développés et mis en place depuis une vingtaine d’années. L’étude RxPONDER a été réalisée avec Oncotype DX®, test génomique qui au travers de l’analyse de 21 gènes de la tumeur permet de connaitre le risque de récidive de la maladie et de savoir quel traitement sera le plus approprié pour la patiente : chimiothérapie et hormonothérapie ou hormonothérapie seule. Publiée en 2018, l’étude prospective TailorX a démontré que la plupart des femmes - RH+, HER2-, sans ganglions atteints et avec un score inférieur à 25 au test d’expression génique Oncotype DX® - n’ont pas besoin de chimiothérapie après la chirurgie. Dans l’étude, la survie sans progression n’était pas améliorée chez les femmes qui recevaient de la chimiothérapie en plus de l’hormonothérapie. Dans cette nouvelle étude RxPONDER, il s’agit de patientes ayant un cancer du sein au stade précoce RH+, HER2- avec une atteinte ganglionnaire, entre 1 à 3 ganglions envahis. »

Une vraie avancée en termes de désescalade thérapeutique
« L’étude RxPONDER avait pour objectif principal de déterminer chez certaines patientes atteintes d’un cancer du sein l’effet de la chimiothérapie sur la survie sans maladie invasive. Nous nous sommes rendu compte que la réponse était différente pour les patientes ménopausées et les patientes pré-ménopausées : l’addition de la chimiothérapie à l’hormonothérapie pour les patientes pré-ménopausées n’apportait pas de bénéfices lorsque “le Récurrence Score®” (score permettant de connaitre le risque de récidive de la maladie et le bénéfice de la chimiothérapie) était inférieur à 25. Jusqu’à présent, en cancérologie sénologique, le fait d’avoir un envahissement ganglionnaire entraînait d’emblée une chimiothérapie. Avec cette étude, les patientes qui ont un envahissement ganglionnaire de moins de 3 ganglions, peuvent bénéficier seulement d’une hormonothérapie qui présente beaucoup moins d’effets secondaires et de conséquences sur leur qualité de vie que la chimiothérapie. Cette information est extrêmement importante. Il s’agit d’une réelle avancée en termes de désescalade thérapeutique. »

6 000 à 8 000 femmes pourraient éviter une chimiothérapie chaque année 
« Nous avons discuté de ces résultats entre sénologues de différents centres anticancéreux qui font partie d’Unicancer et avons tous conclu que désormais, lorsqu’une femme ménopausée présentait un cancer du sein avec un envahissement ganglionnaire - entre un et trois ganglions -, des récepteurs hormonaux positifs et Her2 négatif, nous étions tenus de faire ce test Oncotype DX®. 6 000 à 8 000 femmes par an en France seraient concernées, ce qui est extrêmement conséquent. Or ces tests génomiques font partie des innovations thérapeutiques et ne sont que partiellement pris en charge par le RIHN, enveloppe dédiée aux remboursements des actes innovants hors nomenclature : ils restent donc à la charge de l’établissement. Donc, en théorie, toutes les femmes peuvent en bénéficier, mais il faut que l’établissement accepte la prise en charge du test. »

Faire sortir les tests génomiques de l’enveloppe RIHN
« Les tests génomiques devraient faire l’objet d’un remboursement, mais les discussions et négociations avec la HAS et les organismes payeurs vont être encore longues même si ces tests présentent de réels bénéfices en termes de santé publique. Diminuer le recours à la chimiothérapie permet en effet, non seulement d’éviter le coût de la chimiothérapie, mais aussi le coût de son incidence : arrêts de travail, soins de support… et ses effets négatifs sur la qualité de vie, tant sur le plan familial que professionnel. Quand on compare le coût de la signature génomique et le coût de la chimiothérapie, nous sommes clairement en faveur du remboursement de ces tests. »


Sources :
https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-du-sein - NCCN Clinical Practice Guidelines in Oncology (NCCN Guidelines®) for Breast Cancer V4.2021. © National Comprehensive Cancer Network, Inc. 2021 - IQWIG Communiqué de presse, septembre 2018 - Sparano et al. N Engl J Med 2018 - Geyer et al. npj Breast Cancer 2018 - Kalinsky et al, N Engl J Med. 2021 - HAS. Rapport d’évaluation technologique. Utilité clinique des signatures génomiques dans le cancer du sein de stade précoce. Janvier 2019.


En savoir plus :

> Centre Antoine Lacassagne à Nice :
https://www.centreantoinelacassagne.org
> Patients en réseau :
https://www.patientsenreseau.fr/ 
> Mon traitement cancer du sein :
https://www.montraitement-cancerdusein.fr 
> Exact Sciences :
https://www.exactsciences.com/ 

 

Interview réalisée par Acteurs de santé Tv, avec le soutien d’Exact Sciences, 
qui n’est pas intervenu dans le contenu éditorial.

 

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