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Faciliter l’accès aux tests génomiques

Press Tv News - Acteurs de Santé Tv - dimanche 21 novembre 2021 - Mis à jour le 25 novembre 2021
par Gaël de Vaumas & Stéphanie Chevrel

La Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP) vient de tenir son 7ème congrès à Paris. Le Pr Pascal Pujol, son président, onco-généticien au CHU de Montpellier, alerte sur la nécessité de rembourser rapidement les tests génétiques et génomiques. 

Tests génétiques, tests génomiques, quelle différence ?
« On pourrait comparer le test génétique au disque dur de notre ordinateur biologique tandis que la génomique pourrait être l’expression des données de ce disque dur, ses applications. Autrement dit, le test génétique est une information assez brute contenue sur notre génome. La génomique permet d’avoir une photo de l’expression des gènes d’une personne dans une pathologie donnée avec plus de nuances qu’une information génétique brute. »

Mieux et moins traiter grâce aux thérapies ciblées et aux signatures génomiques 
« Il n’existe pas un cancer du sein, mais une multiplicité de cancers du sein, spécifiques à chaque femme. La médecine personnalisée permet de mieux traiter et parfois même de moins traiter : mieux traiter car des marqueurs génétiques dans la tumeur permettent de guider les thérapeutes dans le choix de thérapies ciblées. Il existe ainsi aujourd’hui plusieurs centaines de molécules spécifiques extrêmement efficaces d’une anomalie génétique ou d’une anomalie génomique, c’est ce qu’on appelle la médecine personnalisée ; moins traiter grâce aux signatures génomiques qui nous indiquent parfois fort heureusement qu’une femme ne tirera vraiment aucun bénéfice d’une chimiothérapie. Nous pouvons alors l’éviter et proposer des protocoles de désescalade thérapeutique dans le cancer du sein. » 

6 000 femmes pourraient chaque année éviter une chimiothérapie inutile
« Développés depuis une vingtaine d’années, les tests génomiques ont un but extrêmement précis : la désescalade thérapeutique. Des études ont d’abord démontré que les signatures génomiques étaient capables de donner un bon ou un mauvais pronostic. Plus récemment, depuis 4 ans, grâce aux résultats de l’étude prospective TailorX, on sait précisément quelles sont les patientes qui vont bénéficier ou non d’une chimiothérapie : les patientes présentant un Recurrence score® bas avec le test génomique Oncotype DX®, en dessous de 25, n’en auront pas besoin. Dans ce cas, la chimiothérapie n’apportera aucun avantage et ne présentera que des inconvénients sociaux, familiaux, personnels et aussi économiques. Ces signatures génomiques permettent une désescalade de la chimiothérapie dans à peu près 35% des cas. 15 000 femmes devraient donc avoir accès à ces signatures génomiques, permettant chaque année d’éviter près de 6 000 chimiothérapies inutiles. » 

Tous les patients doivent avoir un accès équitable aux tests génomiques et à la médecine de précision 
« Tous les patients atteints de cancer en France doivent avoir un accès équitable aux tests génomiques sur le territoire et à ce qu’on appelle la médecine de précision : accès à un diagnostic génomique et à un médicament en regard. Or les tests génomiques ne sont pas réalisés de façon systématique dans tous les centres car nous sommes aujourd’hui dans un système de prise en charge contraint. Notre système de santé a mis en place une enveloppe pour favoriser l’innovation, le RIHN, dont on peut se réjouir. Le problème est que les tests génomiques font partie de cette enveloppe fermée depuis plus de 5 ans, ils devraient aujourd’hui être sortis de cette enveloppe. Or, chaque année, la prescription des tests génomiques augmente et le remboursement des établissements diminue. » 

Les tests génomiques doivent être remboursés partout en France  
« Pour que les tests génomiques soient accessibles à toutes les femmes qui en ont besoin, éviter les pertes de chance et les inégalités selon la région dans laquelle elles habitent, il faudrait qu’ils soient remboursés, comme l’ont indiqué l’économiste de la santé, Jean-Jacques Zambrowski, et Jean-Yves Blay, le président d’Unicancer. Les tests génomiques devraient être inscrits au régime général de la sécurité sociale. C’est pourquoi nous avons lancé un appel au Ministère de la santé qui repose sur les travaux menés par La Ligue contre le cancer et Unicancer. Nous attendons une réactivité très forte des autorités du médicament qui participaient au 7ème congrès de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP). »


« A ma connaissance, il n’y a pas d’exemple en médecine d’un médicament ou d’un dispositif indispensable aux soins et qui permette une désescalade thérapeutique qui ne soit pas remboursé. Ce qui est nouveau, c’est que ce test nous indique lorsque nous ne devons pas traiter, ce qui est assez rare en médecine ! Il est grand temps aujourd’hui qu’on aille rapidement vers le remboursement de ces tests génomiques. » 

En savoir plus :

Sources : https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-du-sein - NCCN Guidelines Insights: Breast Cancer, version 3.2018 - IQWIG Communiqué de presse, septembre 2018 - Sparano et al. N Engl J Med 2018 - Geyer et al. npj Breast Cancer 2018 - Kalinsky et al, San Antonio Breast Cancer Symposium 2020 GS3-00- HAS. Rapport d’évaluation technologique. Utilité clinique des signatures génomiques dans le cancer du sein de stade précoce. Janvier 2019.

Interview réalisée par Acteurs de santé Tv, avec le soutien d’Exact Sciences qui n’est pas intervenu dans le contenu éditorial.

 

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