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 › SANTÉ

La coopération passe par une connaissance fine des réseaux informels

Press Tv News - Acteurs de Santé - lundi 24 octobre 2016
par Gaël & Carla de Vaumas

Lors de la 3ème Rencontre IRL (In Real Life) du Club Digital Santé 2016 sur le thème de « La littératie numérique pour une meilleure relation médecin-patient dans la e-santé », Dominique Desjeux, anthropologue et professeur émérite, Paris Descartes, Sorbonne, explique la faible capacité des Français à négocier rendant difficile la mise en place de solutions de coopération. Il revient, notamment, sur le mode de coopération français dit de système D. 

Une coopération française dans le chaos
« En s’appuyant sur des enquêtes américaines extrêmement drôles, Michel Crozier, fondateur de la sociologie des organisations et des systèmes d’actions, montrait dans sa thèse « Le Phénomène bureaucratique » - il y a presque cinquante ans - que nous avions en France, une faible capacité à coopérer. Il l’expliquait de la façon suivante : « à l’école, l'enfant est en compétition pour être le premier et le mieux vu par l’enseignant. Le seul moment où les Français coopèrent, c’est lors d'un chaos et donc, la capacité à coopérer des Français est à s’unir contre ». Ceci est d'une grande actualité au regard des nombreuses réformes tentées pour réformer l’Etat. Nous coopérons très bien négativement contre et très mal positivement », affirme Dominique Desjeux.

Une faible capacité à négocier qui empêche la mise en place de solutions de coopération
Pour Dominique Desjeux, les Français arrivent à manifester et à se mettre d’accord lorsque ils sont contre, mais ont beaucoup de mal lorsque ils sont pour. « À l’inverse, au Danemark, il y a eu de très fortes luttes sociales entre 1920 et 1940 qui ont abouti à une forme de sociale-démocratie montrant que la société peut être réformée en négociant. Aujourd’hui, à chaque fois qu’il y a un problème, syndicats professionnels d’employeurs ou d’employés se mettent ensemble autour de la table avec un animateur chargé d’aider à la négociation. Lors de la période de négociation, aucune grève n'est autorisée. Si un accord est trouvé, il est officialisé et tout le monde s’y tient ; s'il n’y a pas d’accord, des grèves peuvent avoir lieu. Notre faible capacité à négocier en France fait que toutes les solutions de coopération ont du mal à se mettre en place », indique Dominique  Desjeux.

Comprendre l'organisation informelle et officieuse des réseaux
Dominique Desjeux confirme que les Français sont capables de coopérer mais cette coopération s’apparente à du bricolage, le fameux système D. « Nous coopérons à travers tous les réseaux informels qui organisent la société, comme toutes les sociétés. La capacité à coopérer et à transformer les systèmes passe par ces réseaux ; si nous ne les connaissons pas, nous ne comprenons rien au fonctionnement du système politico-administratif français. Il faut comprendre les réseaux à l’intérieur des hôpitaux et du système de santé : il y a des réseaux de secrétaires généraux, des réseaux de professionnels de santé, des réseaux de spécialités, c’est par ces réseaux que s’opèrent les changements. Si nous voulons changer en France, il faut comprendre l'organisation tout à fait informelle et souvent officieuse de ces réseaux car, ce sont par eux que passent le changement, la collaboration et la coopération. »

En savoir plus, http://www.observatoiredelinfosante.com/ 

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