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Le numérique bouleverse l'information santé

Press Tv News - Acteurs de Santé - Argus de la Presse - mercredi 23 mars 2016
par Carla de Vaumas

Voici les réactions de Barbara Letscher, International Relations Officer, l’Argus de la presse et Stéphanie Chevrel, co-fondateur et directeur général, Capital Image, toutes deux à l'origine de l'enquête sur "Les nouvelles pratiques du journalisme de santé".

Face aux profondes évolutions du journalisme liées au développement du numérique, au changement des modes de consommation des médias et à la démultiplication de dérives médiatiques de plus en plus fréquentes, notamment dans le domaine de la santé, l’Argus de la presse et Capital Image ont mené l’enquête. 
« Les journalistes sont très peu sollicités pour parler de leur métier, d’où l’intérêt à travers cette enquête de pouvoir leur donner la parole pour mieux les comprendre et mieux travailler avec eux. Ils nous ont livré beaucoup d'informations à travers leurs réactions, mettant en avant la partie immergée de l’iceberg», indique Barbara Letscher. 



Une information instantanée et en continu à l’origine de dérives de plus en plus fréquentes 
« Les nouvelles pratiques du journalisme et du journalisme de santé en particulier ont terriblement évolué. Autrefois, les médias faisaient la course au scoop, ils avaient ainsi un ou deux jours d’avance sur leurs concurrents ; aujourd’hui le scoop ne dure que quelques secondes. Les journalistes doivent livrer une information instantanée ; dès qu’une information paraît, elle doit être relayée le plus vite possible pour être reprise à l’identique, à l’infini, tout au long de la journée, sur le Web et les réseaux sociaux », analyse Stéphanie Chevrel.

« Cette information instantanée est aussi une information en continu. Le résultat est que l’on observe maintenant régulièrement des informations publiées très rapidement, sans avoir été toujours analysées et vérifiées, sans avoir pris le temps d’interviewer des experts pour obtenir un éclairage ; on sait que l’on pourra modifier ces informations rapidement si elles s’avèrent incomplètes ou erronées. C’est ce qui explique qu’apparaissent de plus en plus de dérives qui brouillent considérablement les messages délivrés auprès du public qui a du mal à se faire une opinion notamment lorsqu’il s’agit de messages de santé publique. Ces informations souvent contradictoires, rarement expliquées et pondérées, ne sont pas sans conséquences sur les comportements, plus particulièrement en ce qui concerne les messages de dépistage et de prévention. En cancérologie, par exemple, les informations se succèdent qui disent tout et leur contraire, et c’est toujours la première annonce qui sera la plus forte et qui restera dans les esprits.

L'information n'a jamais été aussi uniforme
Trouver la bonne information devient de plus en plus difficile. Les médias, les journalistes, les émetteurs d’information et les communicants devraient s’interroger davantage pour continuer à garantir la qualité de l’information santé. Par ailleurs, nous n'avons jamais eu accès à autant de sources d’information et de données et paradoxalement, l'information n'a jamais été aussi uniforme. Il y a là une extraordinaire opportunité pour les journalistes d’aller dépister une information inédite
», poursuit-elle.

Un manque de temps pour traiter l’information lié aux nouveaux médias
Selon l’enquête, 90% des journalistes considèrent que leur rôle est d’analyser et d’expliquer les faits qu’ils transcrivent. « La santé par nature peut en effet être une information sensible. Les journalistes santé s’adressent à l'ensemble de la population dans toute sa diversité et ils ressentent ce besoin d’explication et de pédagogie de façon très forte. La spécificité du journalisme en santé est sans doute plus marquée pour eux à ce titre. L’enquête souligne aussi le soin de qualité et de sérieux des journalistes pour un travail réellement qualitatif. En revanche, le manque de temps, le manque de moyens et la précarité sont vraiment des facteurs d’influence pour pouvoir exercer leur métier », relève Barbara Letscher.


« De nombreuses idées reçues persistent auprès du public qui connait peu ce métier, comme l’idée que le journaliste est un peu un "
Tintin reporter", la réalité est toute autre. Les journalistes eux-mêmes sont parfois un peu déçus de travailler davantage derrière un bureau que sur le terrain. Ils ont une pratique qui ne correspond probablement pas à l’idée que le public s'en fait », précise-t-elle. « Il existe aussi une certaine méfiance par rapport au journalisme sans doute à mettre en lien avec les informations qui sont véhiculées parfois un peu vite et qui manquent de vérification, ce que dénoncent aussi les journalistes qui aimeraient avoir davantage de temps pour contrôler leurs informations, croiser leurs sources et pouvoir faire leur métier correctement. Le public n’a pas forcément conscience de ce décalage entre la volonté des journalistes et le contexte qui les empêche de mener à bien leur métier comme ils le souhaiteraient », conclut-t-elle.

Interview réalisée dans le cadre de l'enquête sur « Les nouvelles pratiques du journalisme de santé » menée par l’Argus de la presse et Capital Image, 2015.

Aller vers le site de Capital Image > ICI 

En savoir plus sur l’Argus de la presse > ICI 

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