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Cancer : Les défis de l'innovation - Interview de Michèle Delaunay - Ancienne ministre et députée

RCFr 2015 - mardi 15 décembre 2015
par Gaël de Vaumas

L'évaluation médico-économique des traitements en question.

Une clarification des règles du jeu
Ce n’est pas aux médecins cancérologues de décider s’ils vont, ou non, pouvoir proposer un traitement innovant et coûteux ou, pire encore, de choisir les « heureux bénéficiaires », parmi toutes les personnes nécessitant une telle thérapie. Ce message, lancé par le professeur Jean-Charles Soria (Gustave Roussy, Villejuif) et relayé par le professeur Véronique Trillet-Lenoir (CHU, Lyon), a fait l’unanimité. Il s’agit selon eux d’une position « citoyenne » qui s’oppose à d’éventuelles inégalités géographiques ou financières. Les spécialistes refusent catégoriquement le « transfert de responsabilités » et appellent à une clarification des règles du jeu. En dehors de cela, la table ronde sur l’évaluation médico-économique des traitements, organisée aux Rencontres de la Cancérologie Française (RCFr), a montré un relatif consensus entre les différents acteurs.

Des dispositifs qui n’existent pas ailleurs
Dominique Maigne, de la Haute Autorité de Santé, se veut plutôt rassurant. « En France, l’accès aux traitements innovants est toujours garantie », affirme-t-il. « Il ne faut pas jouer à se faire peur. Nous avons mis en place des dispositifs qui n’existent pas ailleurs, comme les ATU pour accéder aux molécules en développement. Les conditions d’accessibilité sont les mêmes partout sur le territoire, dans tous les hôpitaux ». In fine, les prix pratiqués dans notre pays seraient bien inférieurs à ceux revendiqués par les laboratoires et à ceux affichés aux  Etats-Unis. Quant au système anglais, le NICE, son approche est bien différente avec une politique de rationnement du médicament et le refus de la moitié des anti-cancéreux au cours des 7 dernières années. 

Les systèmes sociaux vont-ils résister ?
Finalement la France serait presque un Eldorado, même si le tarif des traitements innovants contre le cancer et le nombre de malades concernés ne cesse d’augmenter. « Les systèmes sociaux vont-ils résister ? La question se pose » … quand même. Pour Jean-Charles Soria, l’immunothérapie pourrait permettre de gagner la bataille contre les cancers, mais son prix est un obstacle à l’innovation. Il faut pourtant le comparer à celui des vies perdues, de la non productivité, voire des drames familiaux. L’enjeu est donc de taille. C’est pourquoi les nouvelles thérapies doivent être utiliser à bon escient, en respectant les recommandations des autorités de santé. Véronique Trillet-Lenoir partage largement cette opinion. 

Plus de 1 000 molécules contre le cancer
Thomas Borel, qui représente Les Entreprises du Médicament (LEEM), rappelle des résultats récemment publiés dans le Lancet : l’indice de survie était de 50 % à un an il y a 40 ans, il est aujourd'hui de 50 % à 10 ans. Même s’il admet que ces progrès ne sont pas dus aux seuls médicaments, il se félicite de la révolution continue passée et actuelle. Plus de 1 000 molécules contre le cancer sont aujourd'hui en développement. Beaucoup de traitements sont personnalisés, ciblés, ce qui constitue un grand changement pour les laboratoires.

Quand un médicament existe, tous les malades doivent pouvoir en profiter
Logiquement, les coûts ont nettement augmenté. Reste à savoir ce que la collectivité est prête à payer pour ces progrès. « De la pénurie de traitements du cancer, on est passé à la surabondance avec 195 médicaments sur le marché et 10 nouvelles molécules par an », note Christian Saout, du Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Pour lui, quand un médicament existe, « tous les malades doivent pouvoir en profiter, puisque tous cotisent à la sécu. C’est à la puissance publique de s’en occuper ».

Les laboratoires doivent continuer à innover et investir
« Soyons fiers de notre mécanisme d’ATU qui permet de traiter les patients tôt, parfois avant les Etats-Unis »
, ajoute Michèle Delaunay, ancienne ministre et députée. Pour elle, tous les malades n’ont pas besoin des traitements les plus avancés. Il est indispensable d’évaluer la progression des pathologies et leur devenir avant de recourir plus largement aux médicaments innovants. « Le mécanisme est sain, en partenariat avec les laboratoires qui doivent continuer à innover et investir. Il faut un débat en profondeur pour savoir qui paye quoi. La survie de la sécu en dépend ». Cette députée très engagée rappelle que le tabac coûte 25 milliards par an, ce qui est à mettre en regard des coûts des traitements. Elle plaide pour la responsabilisation individuelle, seule source garantie d’économies …

Une concertation entre les pouvoirs publics, les prescripteurs et les malades
Un message repris à 100 % par Thomas Borel. « L’évolution est à la responsabilisation. Les laboratoires souhaitent des contrats liés à la performance, tenant compte de la durée réelle de prescription et des résultats cliniques. Il faut une sortie intelligente du problème actuel, un cercle vertueux », conclut celui qui plaide pour une concertation entre les pouvoirs publics, les prescripteurs et les malades. 

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